Aider les aidants

Aider les aidants

Les aidants ont besoin d’aide !

Aujourd’hui, ils sont plus de 8 millions en France à être aidants, c’est-à-dire à venir porter assistance à un proche, personne âgée ou handicapée, dans sa vie quotidienne. Conjoint, enfant, ce sont très souvent les liens familiaux qui motivent cette proximité. Considérée comme «normale », cette assistance a longtemps été passée sous silence. Mais pouvoirs publics et associations sont désormais unanimes à le reconnaître : les aidants ont besoin d’aide ! 

Les aidants au bord de l’épuisement

«Pour l’aidant, cela ne va pas de soi de demander de l’aide, car il n’a pas conscience qu’il est aidant. Il estime que c’est naturellement son devoir d’aider un proche», explique le sociologue Franck Guichet interrogé lors de la Journée Nationale des Aidants, en octobre 2016.

Résultat, si aucune aide ne leur est apportée, les aidants sont au bord de l’épuisement, d’autant plus que plus de la moitié d’entre eux sont encore dans la vie active. Vie professionnelle, vie personnelle, deux emplois du temps qui sont souvent très chargés et difficilement compatibles, surtout lorsque la vie personnelle inclut un temps d’aide.

Si les professionnels reconnaissent les efforts faits par les pouvoirs publics (voir ci-dessous « Des mesures récentes »), ils sont aussi les premiers à constater qu’il subsiste des lacunes dans les dispositifs d’accompagnement.

« On a fait des progrès pour la reconnaissance des aidants », admet Magalie Phelipot, chargée d’accueil social au CLIC du bassin de vie niortais. «Il y a par exemple le droit au répit, mais il ne concerne que les salariés et il ne s’applique pas aux aidants à la retraite. Il y a aussi les groupes de paroles, mais il faudrait aussi des activités, des temps de rencontres différents et élargir ces aides aux troubles autres que les maladies cognitives, comme la perte d’autonomie par exemple. Il faudrait aussi mettre en place des aides à la mobilité pour aider les aidants qui ne conduisent pas à confier leur proches dans des accueils de jour, s’il n’y a pas de service de transport proposé. Il y a encore beaucoup à faire. »

Les résidences services : un soulagement pour les aidants

« Le statut des aidants est dur à vivre. Souvent les personnes aidées ont plus de reconnaissance envers les professionnels qu’envers la famille » observe pour sa part Olivier Bastide, un des infirmiers des Résidentiels du Château d’Olonne.

En relation avec des aidants qui viennent rendre visite à un proche séjournant dans cette résidence pour seniors, il estime que c’est un réel soulagement pour les aidants : « Quand les personnes sont hébergées aux Résidentiels, je trouve souvent que les personnes qui continuent à jouer le rôle d’aidant, deviennent plus efficaces et plus disponibles. Il y a moins de pression au quotidien. » Et de citer l’exemple des enfants de ce vieil homme atteint de la maladie d’Alzheimer. « Ses enfants s’éloignaient de lui car il était devenu difficile à vivre. Aujourd’hui ils viennent le voir une fois par semaine et l’accueillent chez eux une fois par mois ».

Changer notre regard sur l’aidant

Car c’est bien cela la finalité des différents dispositifs mis en place : soulager les aidants pour leur permettre de souffler, de se retrouver. Pour Magalie Phelipot, il y a là un véritable enjeu : « Il faut aussi changer notre regard sur l’aidant, et le regard qu’il a sur lui. Quand on est aidant, on n’est pas que cela. On est aussi une personne avec des droits, des envies.»

Des aides récentes

Entré en vigueur le 1er janvier 2017, le congé de proche aidant est une avancée importante. Son but : permettre de mieux concilier vie professionnelle et assistance aux proches.

Cette nouvelle mesure reprend le principe du congé de soutien familial mais l’élargit : désormais ce congé peut concerner aussi les aidants sans lien de parenté avec la personne qu’ils aident, et les personnes aidées peuvent être accueillies en établissements.

Ses modalités d’utilisation sont, elles aussi, assouplies : facilités de temps partiel, possibilité de fractionner le congé.

Cette nouvelle mesure récente vient compléter des aides déjà en place, dont le droit au répit. Appliqué depuis le 1er janvier 2016, le droit au répit représente une aide d’environ 500 € par an pour les aidants de personnes bénéficiaires de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie).

Lire le dossier sur la loi ASV

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L’hébergement temporaire
aux Résidentiels

Les Résidentiels, résidences services seniors, proposent des formules d’hébergement temporaire pour permettre aux aidants de partir pendant quelques semaines de vacances, ou simplement d’avoir plus de temps libre.

Pour que cet hébergement temporaire se déroule dans les meilleures conditions, Magalie Phelipot donne quelques conseils : « Il faut en parler le plus tôt possible avec la personne, lui expliquer que c’est pour souffler et enlever ainsi tout sentiment d’abandon. L’idéal est de recueillir son accord, visiter les structures, aller à la rencontre du personnel et des résidents, voir le cadre, les animations, anticiper. Même temporaire, l’hébergement en résidence est une décision qui se prépare et se partage».

En savoir plus sur l’hébergement temporaire

Vivre en residence senior pour soulager les aidants

Qui sont les aidants ?

Des actifs (53%)

Majoritairement des femmes (56%)

De 50 ans ou + (55%)

Source : Baromètre Aidants, BVA pour la Fondation April, Juin 2015

L'aidant souvent un proche familial

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